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Les promenades de Bergisel

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Articles avec #humeur

J'ai lu Les Blancs, les Juifs et nous de Houria Bouteldja.

 

La quatrième de couverture parle d'un « texte fulgurant » sous-titré vers une politique de l'amour révolutionnaire. Tout un programme. Heureusement pour les yeux et les neurones il n'y a que 140 pages et le livre coûte moins de 10 euros. Une sorte de « racisme pour les nuls » enfin comprendre le « racisme de l'antiracisme pour les nuls ». Donc un racisme décomplexé. Sidérant.

 

Houria Bouteldja fait appel à des parrains comme Sartre, Malcolm X, Gramsci, Baldwin ou Jean Genet là aussi tout un panel de grands philosophes ou prétendus tels marqués par une grande ouverture d'esprit. Jean-Paul Sartre rejoint Jean Genet pour invoquer le fil rouge de la primauté du conflit de race sur le conflit de classe. Houria Bouteldja rend hommage à Sartre le félicitant d'avoir été « traître à sa race », celle des Blancs.

 

Au tour des Juifs auxquels l'auteur reproche de vouloir intégrer le royaume du « racisme républicain ». Elle réfute le moindre rejet et toute forme d'antisémitisme mais elle assène que pour le « Sud, la Shoah est moins qu' « un détail ». Elle intime aux Juifs l'ordre de s'affranchir de « l'Etat-nation français et de l'Etat-nation israélien ». On devine donc vers où sa pensée profonde penche ! Telle une incantation elle écrit : « J'appartiens à ma famille, à mon clan, à mon quartier, à ma race, à l'Algérie, à l'islam ». Elle exprime une pensée ambiguë sur les homosexuels et les féministes qui ne sont qu'une émanation douteuse de la pensée des « démocrates blancs ». Le féminisme, pour elle, « fait partie des phénomènes européens exportés », en quelque sorte des marchandises avariées dont on doit se méfier. Elle beaucoup plus loin dans l'expression du racisme communautariste. Elle cite l'exemple d'une femme noire violée par un homme noir à qui on avait demandé la raison pour laquelle elle n'avait pas porté plainte et qui avait répondu « je ne pouvais supporter de voir un homme noir en prison ». Traduisons la pensée : un Blanc qui viole une Noire, c'est un crime raciste. Un Noir qui viole une Noire c'est une affaire de famille qui trouve même une justification.

 

Elle assène qu'Allah « échappe à la raison de la race blanche » alors que « l'indigène tire sa puissance de sa foi » et qu'il doit « condamner blasphématoires ». Cette prescription est appuyée, s'il le fallait encore : « Répétons-le autant que nécessaire : Allahou Akbar ! Détournons Descartes et faisons descendre tout ce qui s'élève. »

 

Petit rappel l'auteur à défaut d'avoir été proposée pour le prix Goncourt a commis deux autres ouvrages La Révolution en 2010 ? Les vrais enjeux de 2007 et Nous sommes les indigènes de la République. J'observe qu'elle est la fille d'immigrés algériens des années 60 et qu'elle-même est franco-algérienne. Quand on se sent si mal en France, dans un pays, rappelons-le, qui lui offre la possibilité de s'exprimer librement et de manger à sa faim, on repart dans son pays d'origine. Je me demande comment elle peut supporter de vivre dans une France aussi mauvaise ! Mais à son niveau de pensée je doute qu'elle y soit à l'aise.  

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Published by Jean-Michel Laurent - - Billets, Humeur, Livres

La réforme constitutionnelle a vécu … chaque tendance se renvoie l'échec. Chacun avec sa dose de malhonnêteté intellectuelle. Qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit. Lors du Congrès il est vrai que les parlementaires se sont tous levés pour applaudir le discours présidentiel. Ils n'ont fait qu'applaudir le discours ! Sur le coup l'idée d'inscrire l'état d'urgence et la déchéance de la nationalité dans la Constitution pouvait séduire d'autant plus que ça avait été lancé quelques jours après les attentats sous le coup de l'émotion collective. Ceci posé il fallait bien regarder la portée de l'idée. Ce qui est symptomatique c'est que l'horizon du personnel politique et des citoyens s'est divisé sur le sujet et ceci souvent pour des raisons opposées. A partir de là on pouvait prédire que le projet de réforme n'irait pas au bout de manière cohérente. Ayant une sensibilité classée à droite je n'ai pas les mêmes raisons d'être opposé à cette constitutionnalisation que Jean-Luc Mélenchon. Beaucoup parlaient de de force du symbole mais si la portée du symbole n'atteint pas ceux qui attentent à la vie du pays l'intérêt est nul ; est venu s'ajouter la question de savoir si la déchéance devait viser les bi-nationaux et les nationaux ou s'il fallait exclure ces derniers pour cause d'apatridie … En ce qui concerne l'état d'urgence l'idée recueillait plus de voix favorables à ceci près que l'état d'urgence est déjà prévu par la loi de 1955 qui a été reconnue conforme à la Constitution par la Cour Constitutionnelle, la déchéance de la nationalité est prévue par le Code Civil. Il faut ajouter à ces débats stériles les postures variables de certains hommes politiques qui ont remis une dose de malaise et de confusion dans le débat !

 

On retrouve le même schéma avec l'idée lancée par quelques parlementaires sur la perpétuité réelle. Là aussi une fausse bonne idée, puisque la perpétuité réelle existe déjà... c'est la réclusion criminelle à perpétuité avec période de sûreté. Et certains de battre des mains car la grande affaire serait que ça s'appliquerait à un individu comme Salah Abdeslam. Oubliant que la loi pénale n'est pas rétroactive ….

 

Par contre il y a peu de débats sur les pistes à explorer pour résoudre les problématiques liées au terrorisme et notamment au recrutement des nationaux dans ses rangs. Ceci en dehors de quelques personnes pas toujours intelligentes mais frappées de bon sens …

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Published by Jean-Michel Laurent - - Réforme constitutionnelle, Billet, Humeur

Le degré zéro de la politique

 

Dans les périodes troubles il est toujours intéressant de porter un regard distancié sur l'horizon politique tout en dressant les oreilles. C'est un gymnastique salutaire qui permet d'éviter de céder à la colère. Périodiquement je passe en revue nos hommes et femmes politiques. Je serais tenté de dire que les femmes politiques me rassurent plus que les hommes. Non pas que je cède à la puissance de la séduction mais globalement elles débitent moins d'âneries que leurs homologues masculins. Il y a quelques exceptions bien entendu mais je me garde bien de poser sur elles un jugement hâtif. Il n'y a qu'un couple féminin qui s'abandonne et se vautre avec délectation dans la démagogie, au surplus une démagogie souvent vulgaire : Marine Le Pen et sa nièce Marion Maréchal-Le Pen. Cette dernière est d'autant plus inexcusable c'est que son père était un homme intelligent. Ce qui est amusant (enfin presque …) c'est que les deux se complaisent dans la contradiction de l'une et de l'autre.... jouant tour à tour au jeu de la surenchère avec comme arbitre Florian Philippot qui lui joue le rôle de mentor ou de perroquet en fonction de la météo ! La dernière en date c'est la grande idée de la fermeture des frontières. Il est évident qu'une telle idée a de quoi plaire aux adeptes de la manipulation de la peur et du repli identitaire. Il faudra m'expliquer comment fermer matériellement les frontières ! Ensuite comment envisage-t-on l'avenir du pays une fois les frontières fermées. Car il s'agit de cela au bout du compte … sans aller bien loin dans le passé récent il y avait un rideau de fer de plusieurs centaines de kilomètres qui isolait le bloc des pays de l'Est, et un mur qui coupait en deux Berlin. Pour y avoir vécu ça faisait une drôle d'impression même si je portais un drapeau français sur la manche droite. Le maître mot c'est le terrorisme … la belle affaire sachant que les terroristes sont souvent des nationaux « naturalisés » et qu'en plus le terrorisme que nous connaissons s'appuie sur des cellules dormantes. On parle de 600 individus pour la France et de 1500 pour l'Europe ! Je suis d'accord ça plaît au bon peuple. N'est-ce pas l'essentiel ?

 

Je n'établis pas de parallèle mais la démarche est la même avec en prime une cacophonie parlementaire dans laquelle une mère truie n'y retrouverait pas ses petits. François Hollande s'est lancé dans la grande aventure de l'inscription de l'état d'urgence et de la déchéance de la nationalité dans la loi fondamentale. Si on comprend pour l'état d'urgence (encore que le risque c'est d'aboutir dans les faits à un état d'urgence permanent !), la déchéance de la nationalité pose le problème de l'apatridie, au final on ne sait pas trop si cette mesure peut concerner les Français et les binationaux, ou seulement ces derniers. Le raisonnement est de dire qu'il faut sanctionner les individus qui mettent en « péril grave » la France et qu'à ce titre ils ne méritent pas la nationalité française. Sachant que cette sanction sera prononcée, éventuellement, à l'issue de l'exécution de la condamnation. A l'appui les partisans de cette mesure appuient leur démonstration, ou ce qui en tient lieu, en disant que même si l'efficacité de cette mesure n'est pas démontrée (!) elle a au moins la force du symbole ! Un symbole dont se fichent éperdument les terroristes d'aujourd'hui, individus qui sont capables, pour tuer des innocents, de se tuer eux-mêmes au nom de pseudo-principes ! Par ailleurs on sait ce que recouvrent aujourd'hui les notions de « péril grave » et de « terroriste ». La qualité de « terroriste » a évolué au cours du siècle dernier mais qu'en sera-t-il dans quelques années ? Nous n'en savons rien ! Il eût été plus efficace, au lieu de se disperser sur un tel sujet, de se consacrer au renforcement des services d'enquête et de renseignement, et de la magistrature spécialisée. Au final on ne traite que les effets, et encore de manière symbolique et sans le souci de la recherche de l'efficacité. Certes Hollande avait fait cette annonce devant le Parlement réuni en congrès de manière solennelle … et tout le monde avait applaudi des deux mains sous le coup de l'émotion. La vraie question à se poser ce sont les causes du terrorisme et le pourquoi. Pourquoi devient-on terroriste ? Gilles Kepel, François-Xavier Bellamy et Natacha Polony, pour ne citer qu'eux, qui ne sont certes pas des hommes ou des femmes politiques, réfléchissent sur cette question, d'ailleurs c'est pour cette raison qu'ils exercent un peu leur intelligence sur ce sujet. Cette question fait d'autant plus mal que nous avons à faire avec des individus de nationalité française dans la plupart des cas. On se rassure en se disant que l'éducation n'est pas en cause au prétexte que souvent les mis en cause sont titulaires d'un baccalauréat voire d'un BTS. Mais c'est une erreur : ce n'est pas un diplôme qui fait que l'intelligence et l'esprit critique sont développés....

 

Hollande ne détient pas l'exclusivité de la compassion institutionnelle sur commande. N'est pas Saint-Louis qui veut. Vous aurez remarqué que Laurent Wauquiez nous ressort sa solution fétiche à chaque attentat. Enfin à chaque attentat commis en Europe, en terre civilisée. Nous avons eu 130 morts le 13 novembre mais qui se soucie des 2000 lors d'un attentat commis au Nigeria le 8 janvier 2015 ? Je sais, ce pays se situe en Afrique et ce sont des noirs ce qui n'est pas propice aux élans compassionnels. Donc après les attentats de Bruxelles LW nous a ressorti de sa manche l'internement des fichés S. Là aussi on veut rassurer le bon peuple. S'il y a un intérêt d'avoir des fichés S c'est de pouvoir les surveiller, de les suivre, d'anticiper des actes délictueux voire criminels. Une fois internés (encore faut-il trouver là aussi la solution pratique : il ne s'agit pas de les mettre dans un enclos entouré par un fil relié à un berger électrique), il y a de fortes chances pour que cette solution achève de les radicaliser, s'ils ne le sont pas déjà. Là aussi on ne fait que traiter les effets (reste à apporter la démonstration que c'est une solution !). Un spécialiste du renseignement remarquait dernièrement que les assignations à résidence étaient une fausse bonne idée dans la plupart des cas et qu'il serait sans doute avantageux d'essayer de « retourner » ces individus. Ce qu'on fait dans une enquête classique : laisser courir un malfrat qui va nous conduire à des relations amicales ou à des complices voire même le convaincre de « collaborer ». En un mot être pro actif

 

La première réaction face aux attaques terroristes c'est la colère, l'indignation. Je m'interroge personnellement sur ce type de réaction qui est préjudiciable à notre propre équilibre : on ne peut pas passer son temps à vivre dans la haine ou dans le ressentiment. Ce qui ne signifie pas qu'on soit indifférent, tout le contraire ! La colère interdit toute réflexion sur les causes de ce phénomène. On le voit avec la problématique des flux migratoires où nombreux sont ceux qui posent l'équation : migrants = terroristes. Comme on dit « avec ça on avance ». Ou même et en mieux on les amalgame à des déserteurs. Dans le flot il y a sans doute quelques individus qui répondent à ces critères. Les assimilations et les amalgames évitent de réfléchir ! Tous ces migrants viennent de régions entières parfaitement déstabilisées : Syrie, Irak, Yemen, Libye (nous y sommes pour beaucoup, merci Monsieur Sarkozy ! Le général de Villiers, chef d'état-major des armées, dit qu'on ne fait pas la guerre pour la guerre pour avoir la paix) avec son corollaire les régions sahélienne et subsaharienne, Tunisie dans sa zone frontalière avec la Libye et au sud avec le Mali. Sans oublier l'Afghanistan. Quand on a dressé ce rapide inventaire on ne peut pas être étonné que les gens, jeunes pour la plupart, prennent la fuite. En Syrie on dénombre vingt-trois belligérants ! Ajoutons à cela que l'Europe n'a eu aucune volonté politique pour gérer ces flux et a trop tardé, laissant la Grèce seule face au problème. Il ne faut pas non plus s'étonner que les pays de l'est de l'Europe aient pris des mesures parfois et même souvent inadaptées. Il n'est pas certain que l'accord trouvé avec la Turquie soit réaliste à long terme. J'imagine mal qu'on puisse renvoyer les migrants économiques vers ce pays. Là aussi il faut se poser la question de la « pratique » ! Je ne voudrais pas être à la place de l'équipage de l'avion …. sans compter que cet accord ou pseudo-accord qui prétend fermer la route des Balkans laisse grande ouverte celle de l'Albanie !

 

Dans mon esprit il ne s'agit pas d'amalgamer les politiques entre eux d'autant plus qu'ils n'apparaissent pas comme une génération spontanée. Il y a plusieurs catégories dans la classe politique. Les élus locaux sont souvent des gens compétents ou qui font au moins avec ce qu'ils ont. Le problème ce sont les leaders qui adoptent souvent plus des postures que des visions à long terme. On le voit avec ces quelques exemples, à droite comme à gauche. Quand je retiens le fil rouge « le degré zéro de la politique » c'est pour traduire poliment ou expliciter le concours d'âneries dont nous sommes les spectateurs. Mais ça doit bien convenir au bon peuple qui y adhère et qui ne s'indigne que lorsqu'il y a quelques explosions avec des morts. On se dit que le réveil matin a sonné mais en fait le sursaut est éphémère, il n'aboutit qu'à une « résistance » aux terrasses des cafés. Comme le remarque Michel Onfray il faut apporter une lecture politique : « le nihilisme généré par notre civilisation qui, depuis deux ou trois générations, ne célèbre plus que l'argent, le succès, la célébrité, la frivolité, le superficiel, a vidé le corps, le cœur et l'âme d'un certain nombre de jeunes prêts à se remplir d'une vision du monde clés en main qui leur promet des sensations fortes, le paradis, la vie éternelle, le salut par la mort, la proximité d'une vie auprès du prophète ». A ceci j'ajoute que ces jeunes (et chercher à comprendre ce n'est pas justifier, je le rappelle au cas où !) ont été renvoyés à leurs cultures dont ils n'ont qu'une vague connaissance à travers le prisme de leurs parents voire de leurs grands parents, sans parler d'une école qui considère que la transmission du savoir est une violence et source de ségrégation. On parle de 20 % d'illettrés au niveau de la classe de cinquième (selon les enquêtes d'évaluation de l'Education Nationale) mais il s'agit d'une moyenne, je n'ose pas imaginer ce que cela donne dans les quartiers dits « difficiles ». A ce propos j'ai retenu une réflexion du jeune Malien ou Burkinabé, naturalisé depuis l'attentat de l'Hypercacher. Lors d'un entretien télévisé il y a quelques semaines il disait qu'il avait une coïncidence : le jeune Coulibaly était originaire, à travers ses parents, de la même région que lui-même ; la seule différence qu'il y avait entre lui et Coulibaly est que ce dernier avait grandi en France alors que lui-même avait été élevé dans son pays d'origine. Il explique ainsi la différence de comportement et de destins ; ce jeune doit savoir de quoi il parle ! Il a reçu une éducation structurée qui enseigne des valeurs morales universelles que notre civilisation a oubliées, ou pire, se refuse à transmettre. 

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Published by Jean-Michel Laurent - - Billets, Humeur, Billets politiques

Depuis l'interpellation de Salah Abdeslam on découvre plein de stratèges en chambre  et un concours d'arrogance à l'égard de la Belgique. Je pense entre autres à Frédéric Ploquin, journaliste à Marianne spécialité dans le domaine police-justice, qui met en cause le travail des polices belge et française. Je force à peine le trait.

 

Ploquin nous a habitués à de meilleures analyses. Passons, venons-en à l'arrogance à l'égard de la Belgique. Les Belges ne sont pas plus idiots que les autres et notamment que les Français. Les Belges n'ont pas l'exclusivité de Molenbeek, ils en ont sans doute d'autres et nous avons nous-mêmes des Molenbeek. Je vais éviter de les citer pour ne vexer personne mais j'ai fréquenté à une période de ma vie professionnelle des villes qui se sont révélées ne rien avoir à envier à Molenbeek ! Des villes françaises ! Ce qui explique que les solutions idiotes comme celle préconisée par le trio infernal du FN relèvent de la décérébration. Je mettais une photo pour illustrer mon propos : un réseau Ribard placé au sommet du mur de Berlin face à la porte de Brandenbourg. On se comprend ….

 

Revenons à Salah Abdeslam, qui est Français je le rappelle, et à ses clones car il n'est pas le seul, qui a fait le meilleur choix pour disparaître pendant quatre mois des « radars ». Il n'allait pas repartir en Syrie où il risquait de devoir rendre des comptes à ses commanditaires pour avoir refusé l'obstacle du stade France : se faire sauter. Ses commanditaires n'auraient eu aucun scrupule à trouver une solution, procéder à son élimination. La meilleure solution pour lui était de se fondre dans son réseau familial et amical et plus largement là où il pouvait trouver un soutien logistique. En ce sens cet individu n'a rien découvert. Il y a des précédents connus, Mesrine qui se replie dans le 18ème arrondissement de Paris, et d'autres de moindre envergure qui ont rapidement compris que le premier réflexe à avoir à la suite de la commission d'un méfait est de rejoindre une zone de repli préparée à l'avance. C'en est presque un acte-réflexe à caractère militaire.

 

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Published by Jean-Michel Laurent - - Terrorisme, Billet, Humeur

Aujourd'hui on est heureux d'apprendre par la bouche de Florian Philippot, vice-président du Front National, qu'avec lui il n'y aurait pas eu d'attentats en 2015. Sa solution la « fermeture des frontières » ! Comme quoi la bêtise a de beaux jours devant elle et qu'il faudra s'y habituer ! Et il se trouvera toujours des personnes pour avaler ce genre d'âneries. Il y a deux jours à éradiquer dans notre beau pays le terrorisme, sans aucun doute, et son corollaire : la connerie. Une autre forme de terrorisme.

 

Ce qui est parfaitement original c'est que la petite-fille de Jean-Marie Le Pen, Marion Maréchal-Le Pen, reprend au mot près le même discours. Ça en fait donc deux qui détiennent la solution finale !

 

 

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Published by Jean-Michel Laurent - - Billets, Humeur

Aujourd'hui on est heureux d'apprendre par la bouche de Florian Philippot, vice-président du Front National, qu'avec lui il n'y aurait pas eu d'attentats en 2015. Sa solution la « fermeture des frontières » ! Comme quoi la bêtise a de beaux jours devant elle et qu'il faudra s'y habituer ! Et il se trouvera toujours des personnes pour avaler ce genre d'âneries. Il y a à éradiquer  le terrorisme dans notre beau pays, sans aucun doute, et son corollaire : la connerie. Une autre forme de terrorisme.

Voilà une frontière fermée !

Voilà une frontière fermée !

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Published by Jean-Michel Laurent - - Billets, Humeur

Billets de la haine ordinaire

 

S'il n'avait pas pu assister à la réunion de la commission départementale de coopération intercommunale, le député Alain Marleix a quand même fait part de ses inquiétudes au préfet du Cantal, concernant le manque de compatibilité entre le tracé des nouvelles intercommunalités (qui devraient être au nombre de six dans le Cantal) et la carte des AOP et des IGP de plusieurs produits du territoire. Alain Marleix a aussi émis ses craintes de voir « le label touristique fort » qu'est l'Aubrac devenir « le monopole » de l'Aveyron et la Lozère, si les communes cantaliennes qui ont demandé de rejoindre une intercommunalité centrée sur l'Aveyron, et donc avec cette identité Aubrac, n'obtiennent pas gain de cause. Et justement leur amendement a été refusé par la CDCI.... (La Montagne en date du 13 mars 2016)

 

J'avoue que j'ai du mal à suivre ! Les choses sont déjà assez compliquées comme ça sans aller jusqu'à calquer les intercommunalités sur le tracé des zones AOP et IGP ! Si on devait suivre cette logique (c'est un abus de langage !) autant supprimer les départements ce que préconise par ailleurs Valérie Pécresse.

On peut très bien vivre à Pierrefort et se sentir de l'Aubrac sans pour autant vouloir rejoindre une intercommunalité de l'Aveyron qui n'appartient pas au surplus à la région Rhône-Alpes-Auvergne. D'ailleurs il y a une frontière physique très marquée entre le Cantal et l'Aveyron.

Le cas de Montgreleix est un peu différent : cette commune cantalienne a été autorisée à rejoindre la communauté de communes du massif du Sancy (dans le Puy-de-Dôme). Il suffit de se rendre à Montgreleix pour se rendre compte que cette commune regarde plus vers le département voisin qui n'est distant que de quelques kilomètres et le caractère physique du Cézallier y est très fort.

Pour ce qui concerne les AOP et les IGP les règles sont identiques, qu'on appartienne à telle ou telle intercommunalité, les cahiers des charges ne varient pas d'une intercommunalité à une autre, d'un département à l'autre.

 

C'est un avis très personnel mais je trouve que certains élus, de qualité par ailleurs, ont une forte tendance à lancer en l'air des fausses bonnes idées.

 

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Baptiste Servans ancien président du Syndicat des Mécontents du Système Agricole Coordination Rurale du Cantal a dénoncé la « cogestion des actions syndicales» et fait semblant de s'étonner que le syndicat majoritaire ait pu arroser de lisier le bâtiment de la Direction départementale des territoires à Aurillac sans que personne ne soit inquiété … (La Montagne 13.03.2016)

 

Moi de même et les exemples sont nombreux que ce soit dans le Cantal ou ailleurs comme dans le Morbihan où 1500 tonnes de déchets ont été déversés sur la chaussée de la RN 165 entre Nantes et Vannes (source DIRE 56). Si ça avait uniquement du fumier … mais là il s'agit de déchets, un mélange de fumier, de pneus usagés etc... impliquant un traitement lourd et onéreux. Là aussi rien … Quand un responsable de la Confédération Paysanne s'oppose à mains nues, mais la langue bien pendue, à la ferme des 1000 vaches implantée dans la Somme, il est cité devant le tribunal correctionnel. Extraordinaire ! Non ?

 

Je rappelle que Xavier Beulin (encore lui !) avait qualifié les zadistes du site du futur barrage de Sivens (au fait où en est-on de ce non sens écologique?) de « terroristes verts » ! Comme on dit c'est « l'hôpital qui se fout de la charité ». Je précise que je n'ai aucune chaleureuse sympathie pour les zadistes qui sont des professionnels du bordel organisé. Si les zadistes sont qualifiables de « terroristes verts » alors bien venue au club pour Xavier Beulin et ses inconditionnels, je ne mets pas tous les adhérents de la FNSEA dans le même panier bien entendu.

 

Il y a quelques exemples du contraire je crois me souvenir d'un agriculteur adhérent de la FDSEA de la Manche qui a été abandonné à son triste sort par ses copains quand il a été traduit en correctionnelle ! C'était en 2015. Il y a d'autres exemples qui arrivent périodiquement mais c'est très rare, par contre ces mis en cause n'ont rien à attendre des personnages qui les conditionnent. Car personne ne donne l'ordre de mettre le feu à un bâtiment public, de déverser des tonnes de déchets, du lisier... mais les conditions sont bien là pour passer à l'acte : le contenu des discours,

 

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Bon autour d'un autre souffre-douleur ! Pas toujours le même ! Je ne peux pas toujours faire une fixation sur le maître es-emprise mentale.

 

Le projet de loi dit El Khomri est à géométrie variable. C'est la seule chose que je peux dire car j'avoue que je ne l'ai pas étudié en détail ! D'ailleurs à quoi bon puisque chaque jour qui passe nous apporte des modifications, des explications contradictoires. J'observe simplement qu'il porte le nom de la ministre même si cette personne n'en est pas l'auteur. Vous savez pourquoi ? Ce sera plus facile pour la désavouer dans quelques semaines …. j'ajoute que si c'était un projet « pensé et réfléchi » il porterait le nom du Premier Ministre ou même celui du Président !

D'ailleurs il y a un projet de PNR Aubrac ....

Billets de la haine ordinaire
Billets de la haine ordinaire

Tiens je vais revenir à nos paysans, aux victimes de la cogestion perpétuelle syndicat majoritaire-pouvoirs publics. Si je tape sur sur le syndicat majoritaire, il faut bien lire que je dénigre pas les paysans, tout le contraire ! Je le précise car il y en a qui ne savent pas lire et qui ne se donnent même la peine de comprendre. Ils ne peuvent pas puisqu'ils ne sont même pas conscients qu'ils se font « sodomiser » par le gourou du Loiret. C'est une expression certes un peu vulgaire, j'aurai pu faire pire, mais elle a le mérite d'être pédagogique. Je fais ce rappel qui n'est pas anodin. C'est un Scud à têtes multiples.

 

Donc voilà la suite du feuilleton Un an aux champs, le quotidien du Gaec Salat. Je ne vais pas commenter l'article qui est très bien rédigé, on ressent vraiment la personnalité de Charlotte Salat : c'est absolument elle. Une jeune femme qui mérite de réussir, elle poursuit le chemin tracé par son père et son oncle avec ténacité, persévérance et une force de conviction exceptionnelle. On ne parle pas assez des femmes en agriculture mais on en parle de plus en plus. Elles ne sont plus rangées dans la remise à accessoires ! Et là, Charlotte est une personne vraie, mais il y en a d'autres aussi. Il y a donc de la ressource. Faisons leur donc confiance !

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Published by Jean-Michel Laurent - - Billets, Humeur, Billets politiques, Cantal, Agriculture, Elevage

PAUVRE LEGION D’HONNEUR

 

La Légion d’Honneur, ce dernier mot l’indique,

Fut créée autrefois par le Grand Empereur

Pour marquer des héros les exploits magnifiques

Et les récompenser de leur haute valeur.

 

Chapeau bas, devant ceux qui vraiment la méritent,

Leurs noms sont au tableau d’honneur de la nation

Mais les institutions, à la longue s’effritent

Et croulent sous le poids de vives concussions !

 

Au ciel, Napoléon, chaque jour, l’âme émue

D’y voir tant de rubans de l’Ordre qu’il créa,

Dit au Bon Dieu : je vais les passer en revue

Venez donc admirer tous ces braves soldats.

 

Le défilé commence : oh ! Sans cérémonie !

L’Empereur avait mis simplement sa Grand Croix

Sur un vieux complet gris, sans or ni broderies

Puis il interrogea le premier de son choix :

 

- Qu’as-tu fait pour avoir cette croix que tu portes ?

- Moi ? J’étais épicier. Oui, Sire, c’est en gros

Que je vendais bon prix ! Des lots de toutes sortes.

Des conserves, du lard, des nouilles, des pruneaux !

 

- Va-t-en ! fit l’Empereur. Voyons, toi, je suppose.

- Moi ? J’étais journaliste, et des gouvernements

Etant subventionné, j’ai défendu leur cause,

On m’a décoré pour …Services Eminents !

 

- Pars ! dit Napoléon dont la colère augmente.

- Et toi ? – Je dirigeais un grand trust financier.

Je savais spéculer sur le change, la rente …

Oui, j’ai eu ton ruban grâce aux petits rentiers.

 

- Cà, cria l’Empereur, c’est vraiment fantastique !

- Et toi ? – Sire, j’étais avocat sans procès :

Je pris des opinions, fis de la politique …

Et j’obtins cette croix d’un Ministère à succès.

 

- Et toi ? Vite réponds ! – Moi, Sire, j’étais riche.

J’avais deux écuries, un cheptel

J’ai vendu des prix fous des poulains, des pouliches,

Moi j’ai fait prospérer le Pari Mutuel.

 

- Un autre par pitié ! – Moi, Sire dans la vie,

Je l’avoue, humblement, d’exploits, je n’ai pas fait

Mais j’avais une femme élégante et jolie

Qui dans les Ministères … beaucoup fréquentait !

 

Napoléon rageait, retenant un blasphème !

- Et toi, l’as-tu gagnée … enfin … par exception ?

- Sire, je le crois bien ! Et pensez, si je l’aime :

Pour avoir ce bijou, j’ai payé deux millions !

 

- Bande de flibustiers ! … Usurpateurs de gloire !

Hurla Napoléon, chassant les décorés.

C’est ainsi que sur terre, on souille ma mémoire

En vendant pour de l’or cet emblème sacré ?

 

Il restait dans un coin, un dernier Légionnaire.

- Eh bien ! Qu’attends-tu ? – Sire, daignez m’écouter !

Je ne suis qu’un poilu de la dernière guerre.

Pendant près de cinq ans, pour eux, j’ai dû lutter …

 

Bien que blessé sept fois, j’ai survécu quand même.

Alors on m’a donné une maigre pension …

Pour la femme, pour l’enfant, c’était souvent carême !

Mais à quoi bon se plaindre, en France, ils sont légion !

 

Et pourtant, cette Croix, Sire, je vous l’assure,

Ah ! Comme je l’aurais portée avec orgueil !

Ce n’est qu’une fois mort des suites de blessures

Qu’elle fut déposée, un jour … sur mon cercueil.

 

Napoléon pleurait… : - Enfin, dit-il, un brave !

Viens m’embrasser, petit ! Et fixant l’autre tas,

Il arracha sa croix, et puis …d’une voix grave :

- Prends-la ! Tu la mérites, mais ne la porte pas ! 

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Published by Jean-Michel Laurent - - Légion d'Honneur, Billets, Humeur

L'incendie de la chambre d'agriculture du Finistère à Quimper

 

Il y a quelques jours des agriculteurs ont tenté d'incendier la chambre d'agriculture de Quimper. A l'énoncé de cette information je m'étais fait une réflexion intérieure : « voilà que les agriculteurs bretons détruisent leur propre bien ! Mais ils sont fous ces Bretons ! » Ils avaient déversé du fumier, des pneus et autres déchets puis avaient tenté de mettre le feu au bâtiment. Les forces de l'ordre avaient eu toutes les peines du monde pour les déloger. Là j'étais resté « sur le cul » comme on dit vulgairement !

 

Je sais bien qu'une chambre d'agriculture n'est pas la propriété des agriculteurs en tant que bien immobilier mais elle est gérée par une assemblée d'agriculteurs … Depuis je m'étais intéressé à cette chambre d'agriculture et j'avais constaté que la majorité de cette chambre présidée par André Sergent était constituée par la FDSEA. Jusque là rien d'original ! Mais hier en écoutant France 3 à 19 heures une information perce au résumé des régions.

 

La colère des agriculteurs a été motivée par la comportement de certains élus majoritaires qui s'étaient rendus en voyage d'étude en Afrique du Sud au mois de novembre 2015 sans avoir informé leurs confrères minoritaires de la Coordination Rurale et de la Confédération Paysanne. Je vais traduire en « cachette » ! Ce qui ne signifie pas que ce sont ces élus minoritaires qui ont essayé de mettre le feu au bâtiment, ce qui ne serait pas dans leur intérêt. L'information précisait que le voyage avait été financé par l'organisme à hauteur de 80000 euros et que les conjointes ou conjoints qui participaient à ce voyage avaient payé leurs propres frais. Un vice-président de la chambre d'agriculture élu FDSEA déclare spontanément devant les caméras qu'il y avait eu « un défaut d'information » (sic) justifié par le fait que le voyage « avait lieu en pleine crise agricole » (re sic). Ah ben voilà !… donc pour résumé à nouveau : ça été fait en toute connaissance de cause, en toute conscience. Véronique Le Floch représentante de la Coordination Rurale et le représentant de la Confédération Paysanne confirment que l'Assemblée n'a pas été informée de ce voyage d'étude.

 

On comprend la réaction de colère des agriculteurs au moment où le monde agricole traverse des crises successives et que Xavier Beulin jettent les troupes FNSEA, FDSEA et leurs petits frères Jeunes Agriculteurs sur les routes en déversant des tonnes de fumier, pneus et autres déchets ! C'est quand même grandiose de constater que certains ont le loisir de se promener en Afrique du Sud. Je comprends aussi qu'il vaut mieux aller en Afrique du Sud en plein été que rester sous le crachin breton à Quimper ! Cela dit un voyage d'étude peut être utile pour l'avenir de l'agriculture dans le Finistère, mais alors pour quelle raison avoir agi en omettant volontairement d'informer l'Assemblée ?

 

Je ne vais pas pousser la mesquinerie jusqu'à convertir ces 80000 euros en tonnes de foin pour nos agriculteurs victimes des rats taupiers. 

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Retour sur les pesticides … et les autres

 

L'émission proposée par Elise Lucet Cash Investigation par son effet de massification des informations a provoqué de multiples réactions. Pour les uns ça a été la découverte qu'on faisait appel à des produits de traitement et notamment à des pesticides pour protéger les cultures, pour d'autres c'est la contestation des informations délivrées … enfin pour une troisième catégorie c'est la confirmation de données qui circulent depuis des années de manière plus ou moins ouverte.

 

J'ai lu et entendu des réactions niant la réalité. Je n'ai pas une sympathie excessive pour Elise Lucet, enfin pour le ton de son émission, mais pour autant les sujets proposés sont d'importance, ça change de Nagui et autres saltimbanques dont le rôle est certes d'amuser mais aussi de déverser des écrans de fumées sur la réalité. Même si on tient compte d'une part de caricature et d'exagération qui n'est pas à exclure pour appuyer la preuve, les informations délivrées ne sortent pas de l'esprit de témoins rêveurs ou à l'imagination excessive. Quelques jours après cette émission six cents personnes manifestaient à Bordeaux pour dénoncer l'emploi des pesticides sur les vignes de la Gironde et parmi ces manifestants il y avait des viticulteurs et des salariés agricoles.

 

Je pense que ces professionnels ont une connaissance de la situation réelle. En Allemagne du sud, pour ne prendre que cet exemple, des familles d'agriculteurs ont été décimées par les tumeurs cérébrales et autres cancers, des cas de malformations et une augmentation des cas d'autisme ont été constatés et le lien avec l'emploi des pesticides a été identifié par la médecine allemande. Un spécialiste endicronologue du CHU de Montpellier intervenant dans une émission médicale a confirmé le risque de développer des atteintes graves à la santé humaine, en cas de contact habituel avec ce type de produits. On comprend donc l'inquiétude des parents d'élèves dont les écoles sont proches de vignes ou de cultures traitées, et des professionnels, notamment des viticulteurs qui produisent du bio et des salariés qui sont au contact de ces spécialités. L'exemple de Bordeaux vaut pour d'autres régions à un degré moindre puisque la Gironde est peinte en noir.

 

Nier cette réalité, celle de l'utilisation courante de pesticides, comme j'ai pu le lire ou l'entendre, c'est être un peu « autiste » voire aveugle ! Il suffit de lire les étiquettes des produits proposés parfois en bidons de grande contenance et de traduire les molécules voire d'identifier les pictogrammes de sécurité pour savoir ce que sont ces spécialités. Il suffit aussi d'écouter les agriculteurs lucides et donc de ne pas être sourd ! Il est entendu qu'il faut protéger les cultures mais pas à n'importe quel prix pour une prise de risque énorme. Le corollaire c'est qu'il vaut mieux nier la réalité et pour cause !

 

Dans un autre domaine, celui des nitrates, on observe la même négation ! La carte des nitrates a été contestée d'emblée dans des zones où il suffit d'observer ce qui pousse ou les modes d'élevage (à un degré moindre aujourd'hui) pour se douter qu'il y a un lien de cause à effet. Mais il vaut mieux nier et quand on n'est pas entendu on fait appel aux hommes politiques complaisants pour leur rappeler grâce à qui ils sont sénateurs, députés ou présidents du conseil départemental. Et si l'appui des complaisants n'est pas suffisant on manifeste … une démarche assez scientifique. J'ai abordé cette question des nitrates avec un éleveur de vaches Salers et de Montbéliardes installé à quelques kilomètres au nord d'Aurillac. Lui-même m'a donné quelques indications sur les zones marquées au fer rouge par la carte « nitrates », pour lui elle sont globalement exactes, soulignant toutefois que les victimes ne sont pas celles qu'on pense. Les exploitants vraiment victimes sont ceux qui sont très prudents dans leurs dosages car ils sont imbriqués dans la zone. Un autre éleveur qui fait figure un peu d'original me parlait de son parcours. Un jour ça l'a pris : il en avait assez de cultiver du maïs, il est passé au méteil, un mélange de céréales et de légumineuses, conservant bien entendu les traditionnels herbe et foin... Il a diminué au maximum les apports du commerce agricole, notamment pour déparasiter ses animaux. Pour résumer il réduit ce qu'on appelle les intrants de manière à optimiser ses marges. Sa recette schématisée telle que je la comprends : respect de la nature environnante, faune et flore, pas de traitements chimiques, ou traitements naturels. Quand je dis qu'il fait figure d'original c'est qu'il adopte un comportement à contre-courant. Je le traite de gauchiste, bien entendu il s'agit d'une plaisanterie. C'est une personne qui raisonne simplement avec un objectif vivre de son métier. Et je crois savoir qu'il n'est pas le seul à avoir la volonté d'échapper aux discours habituels... il laisse batifoler Maître Goupil, ne flingue pas les buses et les hérons qui s'attaquent aux quelques rats taupiers qui s'aventurent sur ses parcelles. Il est évident qu'avec une telle conception il n'engraisse pas les multinationales de la chimie.

 

Un autre original : cet éleveur de vaches de race Normande qui a compris il y a une vingtaine d'années que ses animaux vivront mieux avec de l'herbe et du foin en abandonnant l'ensilage d'herbe et de maïs. Il doit être Auvergnat sur les bords car il explique que la tonne de foin a un coût de 50 euros la tonne alors que la tonne d'ensilage de maïs revient entre 5 et 600 euros ! Et je pense que ce brave homme n'a pas besoin de pesticides au risque d'empoisonner ses animaux.

 

Il ne s'agit pas de critiquer les agriculteurs en tant qu'individus bien entendu, d'autant plus qu'ils sont les premières victimes de mauvaises pratiques, mais de pointer la négation de la réalité et le conditionnement dont ils font l'objet. Si on commence à dénoncer l'emploi massif des pesticides et le surdosage en azote comment vont vivre les industries chimiques et l'agro-industrie en général ? On comprendra que les organismes professionnels ne commentent pas les problèmes liés aux pesticides et à la surconsommation d'azote puisqu'ils en vivent ou ont partie liée.

 

 

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Published by Jean-Michel Laurent - - Société, Agriculture, Billets, Humeur

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Les promenades de Bergisel

Je vous propose quelques impressions de mes voyages et visites, illustrées par mes photographies. Avec pour toile de fond : l'Histoire.

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